140708-champs.JPG

Lundi 14 Juillet 2008, 4h30, le réveil sonne. Programme de la matinée : assister au défilé des Champs-Elysées.

5 heures : Nous (Anaïs, mon frère et mon père) prenons le premier RER puis le métro pour nous rendre le plus tôt possible sur les Champs et ainsi être bien placés pour voir les troupes défiler.

6 heures : Quelques autres personnes ont, comme nous, fait le choix d'arriver très tôt pour pouvoir en profiter au mieux. Surprise : d'imposantes tribunes V.I.P. occupent 80% du parcours entre la place de la Concorde et l'avenue Marigny. Soit, le soleil se lève tout juste et quelques barrières nous laissent encore un peu de place pour nous installer tranquillement avec une vue parfaite sur le carrefour Avenue Marigny/les Champs, à 1 mètre du défilé.

7 heures 30 : la police demande aux 50 personnes installées comme nous dans cet angle de reculer à 6 mètres du trottoir ! Premières incompréhensions, nous sommes là depuis 1 heure 30, aux premières loges du spectacle, mais il nous faut sacrifier ces places de choix. On se recule.

7 heures 45 : la police nous demande cette fois de nous déplacer de l'autre côté de l'avenue Marigny, plus au Nord, à côté du théâtre, toute la partie au Sud de l'avenue vient de passer V.I.P. : il faut des cartons d'invitations pour voir le défilé ici ! Mais des barrières bloquent l'avenue, il nous est impossible de quitter le carré. Après 5 minutes de latences des forces de l'ordre, les barrières s'ouvrent, mais nous devons nous installer derrière d'autres, toujours à 6 mètres du trottoir, la vue est déjà gâchée.

8 heures : la police nous demande de reculer à 8 mètres des Champs ! Il est malheureusement impossible de s'interposer. Un policier s'écarte de nous en disant "Je m'écarte sinon je vais en taper un". Nous voilà presque au niveau du théâtre de Marginy, c'est n'importe quoi, et nous n'avons pas d'avantage d'informations. On se tâte à rentrer. Des invités bling-bling passent devant nous pour aller prendre nos places dans le carré VIP.

8 heures 30 : la police met en place un contrôle pour rentrer dans des box à 3 mètres des champs : fouille, interdiction aux bouteilles d'eaux. Bien sur ceux qui arrivent à ce moment là sont les premiers à passer et jouent des coudes pour rentrer. Nous nous faufilons tant bien que mal pour nous retrouver derrière 4 rangées de personnes, devant un arbre, avec une visibilité médiocre, Anaïs ne verra même pas le défilé de sa place, mon père et mon frère sont eux obligés de rester en arrière, à 6 mètres, sans visibilité aucune.

10 heures 30 : Sarkozy passe devant nous, de dos, puis les troupes, puis les véhicules.

Nous aurons du mal à apprécier. Le gout amer de s'être fait avoir, de se rendre compte que la fête est désormais réservée aux VIP, que ce n'est plus une fête publique. Et quelle organisation, si tout avait été installé la veille ou durant la nuit nous aurions su où nous placer en arrivant...

Morale de l'histoire : si vous voulez regarder le défilé du 14 Juillet, faites-le depuis votre canapé.