A vrai dire, je l'avais prévue pour un peu plus tôt que cela (un an auparavant en fait), j'en avais d'ailleurs beaucoup parlé à mes proches et cela avait également motivé l'idée de vendre Lexode et d'arrêter petit à petit d'aborder le web comme à l'accoutumée.
Ah oui, pardon, je parle de la fin du web "2". Ou au moins, le début de la fin !
En effet, si vous ne l'avez pas remarqué, nous sommes à un tournant :
- L'économie mondiale est en berne, du coup les budgets publicitaires sont taillés dans le vif : -7% chez Google Adwords/Adsense en Janvier, disparition ou paupérisation des jeux concours qui étaient une manne très intéressante pour bon nombre de site, forte chute des résultats de l'affiliation puisque très liés à la consommation en général
- Le dollar se casse franchement la figure : nous autres européens ne pouvons compter sur le CA généré outre-atlantique, la conversion sucre toute croissance
- Les sites web 2 ferment où se font racheter : largement financés, les investisseurs finissent par enfin ouvrir les yeux et lâcher leur proie : iils ne suivent plus les projets qui ont besoin de cash (debitcredit, stage6, allpeers, etc). Il faut dire que le cumul des revenus espérés par les sites qui ont levé des fonds équivalait, en 2007, à 100 fois le marché publicitaire réel... sans compter les sites auto-financés !
- Les blogs ferment et/ou les blogueurs ne bloguent plus, l'effet d'annonce perpetuelle passe... (Pointblog, lemeur, etc) Du coup les RSS s'amenuisent et c'est tant mieux : on va enfin pouvoir retourner bosser.
Alors quand même, même s'il reste encore quelques mois avant que tout cela se tasse, il faut bien reconnaître plusieurs choses :
- Ce web "2" a apporté un nouveau souffle au web en général : de nouvelles techniques, de nouvelles ergonomies. C'est cela même qui fût très bénéfique pour l'avenir.
- L'essor des services participatifs, collaboratifs, à 95% futiles ou inutiles pour le grand public qui, même s'il s'y est pris au jeu pendant un temps sous l'effet de mode, retombe désormais dans une logique d'avantage passive qu'active (TV vs Internet)
- Certains services, bien que dans une niche, étaient tout de même forts utiles pour le public acquis (les sites cités ci-dessus n'avait pas forcément un petit traffic). Mais comme en 2000, le modèle économique a pêché. On a de nouveau cru au web gratuit financé par la publicité et tout le monde y a perdu au final. Aux éditeurs concernés je ne souhaite qu'une chose : que leur service puisse continuer à une échelle viable (peut être bénévolement, ou en se contentant de mises à jours peu onéreuses, ou encore en se faisant racheter par une société qui aura trouvé une synergie et une rentabilité à joindre plusieurs de ces services).
- On y a tous perdu du temps (et le temps c'est de l'argent) mais on y a aussi perdu du trafic. Car pendant que nous nous tenions informés des multiples projets à sortir ou que faisions tous développer de nouveaux sites ou de nouvelles versions plus web 2, certains de nos sites stables ont vu leur part du gateau s'effriter et les miettes se diriger vers les milliers de nouveaux petits sites/services et blogs éparpillés sur la toile. Inévitable (face à l'offre) et fatal pour certains (Lexode en est ici un bon exemple, malheureusement), heureusement sans conséquence pour d'autres (que je félicite pour certainement n'avoir pas détourné leur regard sur l'agitation extérieure).
- En regardant bien, les seuls qui y ont gagné sont ceux qui ont appliqué au web des moyens et des stratégies commerciales et marketing lourdes, sans préoccupation de qualité ni pertinence de service. Ici se joue le véritable changement apporté par ce nouveau web, le reste ne fut que poussière. Dommage.
- Il y a également une autre catégorie d'éditeurs que je remarque et respecte qui ont profité du mouvement : c'est ceux qui ont très honnêtement utilisé le Net pour vendre des produits comme un magasin local le ferait, mais à une échelle plus important et proposant ainsi une vraie offre complémentaire au commerce classique. Le commerce a logiquement sa place et son modèle économique sur Internet, c'est une économie finalement très terre-à-terre et qui a des milliers d'années, mais au moins elle fonctionne, il serait idiot de croire qu'en vendant du vent on peut construire plus belle roue.
Finalement ce que j'espère, c'est qu'une fois assaini, le web pourra redémarrer et permettra à ceux dont les ambitions sont plus louables et passionnées d'émerger et de durer.
PS : Je ne cite volontairement que peu d'exemples mais les acteurs concernés sont reconnaissables.
''PPS : On peut donc maintenant mettre une date : Le web 2 - 2001 / 2008. Le cap des 7 ans serait-il une récurrence ? Rendez-vous en 2015 !"









1. Le mardi 4 mars 2008 à 09h59 par devtribu
A mon avis le web2 n'est pas encore fini.
Il peut y avoir une petite baisse d'audience ponctuelle sur certains supports. Ca parait difficile d'anticiper une tendance future.
Skyblog est entré dans le top10 mondial.
L'audience va se diversifier, comme ce que connait la tele avec la TNT. Les chaines historiques perdent des parts de marché, les nouvelles en gagnent.
C'est le jeu de la concurrence qui oblige à se remettre en question (sans pour autant tomber dans le piege de la panique et des virages stratégiques tous les 2 mois)
Au niveau pub, c'est clairement le déclin. Meme si cela reste encore un sujet tabou coté éditeur et regie.
L'incertitude economique mondiale joue certainement et incite les annonceurs à tirer les prix vers le bas, encouragés par des regies amorphes qui n'osent pas refuser des campagnes pourries et relayés par des éditeurs/emaileurs morts de faim.
Maintenant que le cap des leads optin a 0.20 € est passé, meme dans les régies historiques les plus respectables, ca va etre difficile de revenir à des remunérations raisonnables.
L'argent qui circule entre site web ne suffit plus à alimenter les croissances à 3 chiffres.
Les taux d'ouverture des emails s'effondrent, rendant la valeur d'un abonné de moins en moins bonne.
Je préconise et j'ai mis en place depuis mes debuts la diversification des revenus. C'est maintenant que je suis content d'avoir fait l'effort de mettre en application ce principe de précaution.