J'ai toujours été un fervent défenseur de l'embauche.
De grands groupes bancaires ont souvent fait des émules en annonçant que seuls 30% de leurs effectifs suffiraient à les faire fonctionner au même rythme (on peut sûrement en dire autant de l'Etat mais c'est une autre problématique). Finalement cela est très honorable, c'est une grande forme de générosité.
Oui mais voilà, la générosité s'arrête là où les profiteurs abusent, et en l'occurrence cette semaine, les ASSEDIC ont dépassé les bornes pour moi.
Lorsqu'en Novembre nous avons décidé d'arrêter (partiellement) notre activité, j'ai du licencier. C'était malheureusement inévitable, et complètement a motif économique (si j'avais pu je les aurais gardé, mes salariés).
Un licenciement n'est pas donné : il met la société en crispation, le salarié démarre un préavis inutile tant pour lui que pour l'entreprise puisqu'il ne produira plus rien de viable par manque de motivation (complètement compréhensible). On part donc sur X mois payés par la société, dans une situation économique difficile pour elle, au salarié et aux organismes de collectes des charges sociales.
C'est administrativement lourd : les formalités sont complexes (rendez-vous préalable à l'annonce de licenciement, annonce de licenciement, démarrage de préavis, clôture des comptes vacances et plan entreprises, etc.) et le salarié démarre une sorte de traversée du désert (recherche d'emploi, inscription interminable à l'ANPE/Assedic pour parvenir à toucher des indemnités chômage pour lesquelles il a pourtant cotisé pendant des mois, déménagement, etc) durant laquelle j'estime avoir essayé d'aider au mieux.
Une fois tout cela passé, si l'entreprise vacillante survit, un deuxième effet kiss cool lui tombe sur le coin du compte en banque : l'obligation de verser aux ASSEDIC l'équivalent de 2 mois de salaires brut par salarié licencié pour non proposition de plan de reclassement. Il faut dire qu'avec 3 ou 4 salariés, on s'imagine pas une minute devoir s'occuper si précisément du prochain emploi de chacun (il aurait a priori fallu le coucher sur papier, on croit rêver...) , surtout quand on a une boîte à redresser !
Comment voulez-vous que de telles mesures répressives à l'encontre des employeurs soit incitatives à l'embauche ? Et comment voulez-vous que les salariés ne pointent pas à l'ANPE si les patrons doivent les assister jusqu'au bout comme ça...
Alors la morale de l'histoire est simple et s'en est le titre de ce billet : n'embauchez plus, sous traitez. Le nouveau régime "micro-social" pourrait d'ailleurs faciliter cela. En tout cas c'est décidé : jamais je ne serai salarié, je préfère m'assumer (vacances, charges sociales, cotisations retraites et autres) et proposer à mon client/employeur un résultat plutôt que des moyens.
"Tous patrons", qu'il disait ?










